Extraitdu dernier essai de Jean-Pierre Siméon. La poésie sauvera le monde, aux éditions Le Passeur. « Depuis des temps immémoriaux, dans toutes les civilisations, dans toutes les cultures, orales et écrites, il y eut des poÚtes au sein de la cité. Ils ont toujours fait entendre le diapason de la conscience humaine rendue à sa liberté insolvable, à son audace, à son
La diffĂ©rence Jean-Pierre SimĂ©on La diffĂ©rence / Jean-Pierre SimĂ©on Pour chacun une bouche deux yeux deux mains et deux jambes Rien ne ressemble plus Ă  un homme qu’un autre homme Alors entre la bouche qui blesse et la bouche qui console entre les yeux qui condamnent et les yeux qui Ă©clairent entre les mains qui donnent et les mains qui dĂ©pouillent entre les pas sans trace et les pas qui nous guident oĂč est la diffĂ©rence la mystĂ©rieuse diffĂ©rence ? Extrait de La nuit respire Cheyne Ă©diteur. Anthologie, XXe siĂšcle de ALB
\n \n \n poésie la différence de jean pierre siméon
PourJean-Pierre SimĂ©on, les stĂ©rĂ©otypes, lieux communs et prĂ©jugĂ©s rĂ©currents nuisent Ă  la comprĂ©hension des enjeux de la poĂ©sie. Dans ses essais, il cherche donc Ă  les dĂ©coudre. En voici plusieurs. La poĂ©sie, ça rime ? Dire que la poĂ©sie rime est non seulement rĂ©ducteur mais de surcroĂźt, ce n’est pas une condition suffisante.
VoilĂ  ce qu'ils disent l'anĂ©mone est plus intelligente que la rose le sable est plus beau que le chat et la pierre a toujours Ă©tĂ© supĂ©rieure au potiron Ils reprochent au noir d'ĂȘtre plus noir que le blanc comme on reprocherait au feu d'ĂȘtre plus chaud que la neige et au miel d'ĂȘtre plus sucrĂ© que la vague Et s'ils ont peur de leur ombre c'est qu'ils se doutent un peu que haĂŻr l'Ă©tranger c'est avoir peur de soi». Jean-Pierre SimĂ©on
JeanPierre SimĂ©on. Jean-Pierre SimĂ©on – Ceci est un poĂšme qui guĂ©rit les poissons; Laurent Corvaisier; PEF; AnnĂ©e 2012-2013. Intervention gĂ©nĂ©rale de Max Butlen le 21 novembre 2012. La notion d’auteur; La coopĂ©ration enseignants-bibliothĂ©caires; Quelles suites ? PrĂ©sentation par Catherine FourniĂ© consacrĂ©e Ă  Claude Ponti et Ă 
"Je ferai, oui, l'éloge de la poésie. Sans restrictions. Sans états d'ùme. Parce que la poésie n'est justement pas le lieu de la demi-mesure. Je le ferai d'une voix pleine, vive s'il le faut. Parce qu'on ne peut admettre plus longtemps, n'est-ce pas, que les poÚtes, malgré les révérences qu'on leur fait de loin en loin pour se disculper de la désinvolture et de l'indifférence avec lesquelles on les traite ordinairement, soient renvoyés à leur étrange petit commerce particulier qui n'aurait rien à voir avec les affaires du monde. Je veux faire l'éloge de la poésie pour tous, non pas, voyez-vous, comme un agrément, un ornement de l'existence ou le partage de je ne sais quelle distinction supérieure comme une nécessité vitale."
ThĂšme: la diffĂ©rence Au choix : PoĂšme d’un africain pour son homologue blanc (Anonyme) La diffĂ©rence de Jean-Pierre SimĂ©on RĂ©daction : Anagrammes de Pierre coran + trouver des anagrammes PĂ©riode 4 : Mars – Avril ThĂšme : Le printemps Au choix : Au printemps de ThĂ©ophile Gautier Une graine d’Alain Bosquet
Voici la nouvelle poĂ©sie. Depuis la mi-janvier, nous apprenons “la diffĂ©rence” de Jean-Pierre SimĂ©on. La voici TĂ©lĂ©charger PDF, 406KB Nous la connaissons assez bien 
 Nous l’avons appris avec des gestes pour mieux la mĂ©moriser
OĂčest la diffĂ©rence. La mystĂ©rieuse diffĂ©rence ? Jean-Pierre SimĂ©on. J’ai choisi cette poĂ©sie pour expliquer aux Ă©lĂšves le vivre ensemble et l’acceptation de l’autre aussi diffĂ©rent qu’il soit. A travers ce poĂšme nous parlerons des relations avec les autres, Ă  se faire facilement des amis, Ă  travailler en groupe.
ï»żPubliĂ© le 2 mai 2017 Pour chacun, une bouche deux yeux deux mains deux jambesRien ne ressemble plus Ă  un homme qu’un autre hommeAlors entre la bouche qui blesse et la bouche qui consoleentre les yeux qui condamnent et les yeux qui Ă©clairententre les mains qui donnent et les mains qui dĂ©pouillententre le pas sans trace et les pas qui guidentoĂč est la diffĂ©rence la mystĂ©rieuse diffĂ©rence ?Jean Pierre SimĂ©on Pour ĂȘtre informĂ© des derniers articles, inscrivez vous
Alorsentre la bouche qui blesse et la bouche qui console entre les yeux qui condamnent et les yeux qui Ă©clairent entre les mains qui donnent et les mains qui dĂ©pouillent entre le pas sans trace et les pas qui nous guident oĂč est la diffĂ©rence la mystĂ©rieuse diffĂ©rence ? Un rĂ©citde ChloĂ© LandriotPrĂ©face de Jean-Pierre SimĂ©onCoĂ©dition DĂ©charge et Gros Textes, 48 p., 6 €Paradoxe ChloĂ© Landriot est une jeune femme de 36 ans qui cĂ©lĂšbre les temps anciens. Son petit livre s’impose par sa diffĂ©rence dans le champ des parutions actuelles intitulĂ© sobrement Un rĂ©cit, c’est une genĂšse du monde, qui renoue avec la fantaisie et le mystĂšre d’un poĂšme est portĂ© par le souffle, le chant rythmĂ© par la longueur des vers et les jeux sur les commence bien dans les noces de l’eau et de la lumiĂšre jaillissent la terre, les plantes et les bĂȘtes, et puis les hommes et le verbe. Le poĂšte cĂ©lĂšbre alors l’harmonie heureuse et les mĂ©tamorphoses du vivant. Nous avons Ă©tĂ© des arbres/Sans effort nos racines/Ont lentement plongĂ© dans le sol/Faites pour Ă©pouser la terre. »Mais vient le rĂšgne de la rationalitĂ© et de ses excĂšs le langage devient instrument de classification. Le monde n’est plus qu’un catalogue » Ă  la merci de l’homme, qui le dĂ©coupe jusqu’à le tuer. Le texte est alors interrompu par le dessin d’une vague dĂ©chaĂźnĂ©e, de l’artiste An SĂ©. Puis ce monde mort, et bien mort, renaĂźt de nouveau Ă  la lumiĂšre. ChloĂ© Landriot explique J’ai peur. J’ai peur pour la planĂšte, pour la Terre, pour mes deux jeunes enfants. Mais c’est parce que je crois Ă  la destruction probable du monde que je m’efforce d’ĂȘtre heureuse. Et la poĂ©sie rĂ©vĂšle l’intensitĂ© de mon sentiment d’ĂȘtre en vie. » La revue DĂ©charge, qui, depuis sa crĂ©ation en 1981, a publiĂ© plus de 1 500 poĂštes d’aujourd’hui, invite les nouveaux talents Ă  publier des recueils chez un Ă©diteur partenaire, Gros livrets fabriquĂ©s artisanalement sont vendus Ă  un prix modique. Ouverturesur Jean-Pierre Chambon, Lionel Bourg, Laurent Albarracin et ses Ă©ditions Le Cadran lignĂ©s. A suivre. La Toile de l'Un d'Alain Boudet, pour faire vivre la poĂ©sie Ă  l'Ă©cole, au collĂšge et Ă  la ville. Toutes les annonces immobiliĂšres de Maison Ă  louer Ă  MoĂ«lan-sur-Mer (29350) PoĂ©sie la diffĂ©rence jean pierre simĂ©on Pour chacun une bouche deux yeux deux mains deux jambes Rien ne ressemble plus Ă  un homme qu'un autre homme Alors entre la bouche qui blesse et la bouche qui console entre les yeux qui condamnent et les yeux qui Ă©clairent entre les mains qui donnent et les mains qui dĂ©pouillent entre les pas sans trace et les pas qui nous guident oĂč est la diffĂ©rence la mystĂ©rieuse diffĂ©rence? Jean-Pierre SimĂ©on
\n \n \n\n poésie la différence de jean pierre siméon
Unmot pour tout dire. La mort, la vie, La peur, le silence et la plainte. L’invisible et le doux. Et les miracles de l’étĂ©. Depuis si longtemps je cherche. Mais j’ai confiance en vous : Il va naĂźtre de vos lĂšvres. Jean-Pierre SimĂ©on. > 18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 1644 Voici une poĂ©sie "La diffĂ©rence" de Jean-Pierre SimĂ©on illustrĂ©e par Sohane en CM2. Partager cet article Repost0 PubliĂ© par Ecole Notre-Dame Tonneins - dans Vie de classe commenter cet article 
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JeanPierre SimĂ©on disait que la poĂ©sie sauvera le monde. J’y crois. J’ai grandi dans un quartier avec toutes les couleurs de peau. J’ai appris Ă  dire bonjour dans plein de langues. Etre artiste, c’est garder son Ăąme d’enfant. Ce n’est pas ĂȘtre naĂŻf de dire ça. C’est visible. Et la poĂ©sie, tu la retrouves partout, dans la musique comme dans la cuisine. J’ai
Jean-Pierre SimĂ©onJean-Pierre SimĂ©on est un poĂšte et dramaturge français nĂ© Ă  Paris XIIIe le 6 mai 1950. L'Ɠuvre de Jean-Pierre SimĂ©on est essentiellement poĂ©tique. L'auteur se lance parfois dans une rĂȘverie surrĂ©aliste, prĂ©fĂ©rant la puissance Ă©vocatrice des mots, et la force des images invoquĂ©es, au sens qu'on leur donne. Il explique que on fait de la poĂ©sie avec des mots non avec des idĂ©es idĂ©es Il revendique notamment l'influence du poĂšte surrĂ©aliste Paul Éluard, dont il prĂ©face le recueil PoĂ©sie volontaire et poĂ©sie involontaire, et celle d'AndrĂ©e Chedid, dont il prĂ©face avec Mathieu Chedid le recueil Au cƓur du cƓur. Sa PoĂ©sie est surtout caractĂ©risĂ©e par la force de ses mĂ©taphores, le rythme musical de ses vers, l'indĂ©niable beautĂ© recherchĂ©e par le poĂšte, la force et le nombre trĂšs important d'images, la recherche sur les tous les textes mentionnant Jean-Pierre SimĂ©onJean-Pierre SimĂ©on
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TrÚsvivante, animée par une myriade d'éditeurs et de manifestations, la poésie contemporaine fait émerger de nouvelles voix. Mais reste largement méconnue du grand public.
â–șUn rĂ©citde ChloĂ© LandriotPrĂ©face de Jean-Pierre SimĂ©on. CoĂ©dition DĂ©charge et Gros Textes, 48 p., 6 €Paradoxe ChloĂ© Landriot est une jeune femme de 36 ans qui cĂ©lĂšbre les temps anciens. Son petit livre s’impose par sa diffĂ©rence dans le champ des parutions actuelles intitulĂ© sobrement Un rĂ©cit, c’est une genĂšse du monde, qui renoue avec la fantaisie et le mystĂšre d’un Supervielle. Le poĂšme est portĂ© par le souffle, le chant rythmĂ© par la longueur des vers et les jeux sur les commence bien dans les noces de l’eau et de la lumiĂšre jaillissent la terre, les plantes et les bĂȘtes, et puis les hommes et le verbe. Le poĂšte cĂ©lĂšbre alors l’harmonie heureuse et les mĂ©tamorphoses du vivant. Nous avons Ă©tĂ© des arbres/Sans effort nos racines/Ont lentement plongĂ© dans le sol/Faites pour Ă©pouser la terre. »Mais vient le rĂšgne de la rationalitĂ© et de ses excĂšs le langage devient instrument de classification. Le monde n’est plus qu’un catalogue » Ă  la merci de l’homme, qui le dĂ©coupe jusqu’à le tuer. Le texte est alors interrompu par le dessin d’une vague dĂ©chaĂźnĂ©e, de l’artiste An SĂ©. Puis ce monde mort, et bien mort, renaĂźt de nouveau Ă  la lumiĂšre. ChloĂ© Landriot explique J’ai peur. J’ai peur pour la planĂšte, pour la Terre, pour mes deux jeunes enfants. Mais c’est parce que je crois Ă  la destruction probable du monde que je m’efforce d’ĂȘtre heureuse. Et la poĂ©sie rĂ©vĂšle l’intensitĂ© de mon sentiment d’ĂȘtre en vie. » La revue DĂ©charge, qui, depuis sa crĂ©ation en 1981, a publiĂ© plus de 1 500 poĂštes d’aujourd’hui, invite les nouveaux talents Ă  publier des recueils chez un Ă©diteur partenaire, Gros livrets fabriquĂ©s artisanalement sont vendus Ă  un prix modique.
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Ladifférence de Jean-Pierre Siméon - école petite section Pour chacun, une bouche deux yeux deux mains deux jambes Rien ne ressemble plus à un
Je cherche un mot vaste et chaud Comme une chambre Sonore comme une harpe Dansant comme une robe Clair comme un avril Un mot que rien n’efface Comme une empreinte dans l’écorce Un mot que le mensonge ne sĂ©duit pas Un mot pour tout dire La mort, la vie, La peur, le silence et la plainte L’invisible et le doux Et les miracles de l’étĂ© Depuis si longtemps je cherche Mais j’ai confiance en vous Il va naĂźtre de vos lĂšvres. Jean-Pierre SimĂ©on PoĂ©sie
Cesmots de Robin Renucci, parrain de la 14Ăšme Ă©dition du Printemps des poĂštes, nous invitent Ă  faire entrer la poĂ©sie dans nos classes. Du 5 au 18 mars 2012, c’est la 14Ăšme Ă©dition du Printemps des poĂštes.
Prochains rendez-vous du Club PoĂ©sie mercredi 28 juin de 14h Ă  16h et le lundi de 12h Ă  12h30 APC du CLUB PoĂ©sie Mercredi 17 mai PoĂšmes autodatĂ©s et poĂšmes adressĂ©s Tridents Bigorneau perceur tu appelles la moule visseuse **** La carpe Ă  moustaches se rĂ©chauffe au fond de l'Ă©tang **** Un saule pleureur parapluie recherche un coiffeur **** RiviĂšre accrochĂ©e au barrage pend Ă  son courant **** L'Ă©pinoche bleue a un ventre orange trĂšs vif *** Dorian ; Kemo ; Lucie ; Yuna; APC du CLUB PoĂ©sie Mercredi 29 mars Ă  l'EHPAD avec CĂ©cile Riou APC du CLUB PoĂ©sie Mercredi 1er mars Ă  l'EHPAD avec Eduardo Berti de l'Oulipo APC du CLUB PoĂ©sie Mercredi 11 janvier La diffĂ©rence Pour chacun une bouche deux yeuxdeux mains et deux jambes Rien ne ressemble plus Ă  un hommequ’un autre homme Alorsentre la bouche qui blesseet la bouche qui console entre les yeux qui condamnentet les yeux qui Ă©clairent entre les mains qui donnentet les mains qui dĂ©pouillent entre les pas sans traceet les pas qui nous guident oĂč est la diffĂ©rencela mystĂ©rieuse diffĂ©rence ? Jean-Pierre SimĂ©on Extrait de La nuit respire Cheyne Ă©diteur. Taar Ben Jelloun -Chaque visage est un miracle extraits Voeux pour 2017 du club PoĂ©sie Je te souhaite du plaisir avec un pull qui grandit comme toi parce que tu l'as depuis dix ans et qui te prĂ©vient quand le chat arrive. Je te souhaite de la paix en Syrie et partout dans le monde. Je te souhaite d'oublier les dĂ©voreurs de papier et d'ignorer les fabricants d'allumettes pour arrĂȘter la disparition des forĂȘts, Je te souhaite que le PĂšre NoĂ«l ne vieillisse pas mĂȘme s'il n'existe pas, Je te souhaite que les lions vivent en paix et aient de grands espaces. Je te souhaite que les abeilles ne disparaissent pas mĂȘme si je n'aime pas le miel car elles sont importantes dans la vie d'un homme et sans elles il n'y aurait plus de fleurs, Je te souhaite d'avoir partout dans le monde des prĂ©s sans pollution et, dans les forĂȘts sombres, des coins fleuris. Je te souhaite de dĂ©couvrir d'autres mondes qui n'ont jamais Ă©tĂ© polluĂ©s parce que les habitants se dĂ©placent Ă©cologiquement. Je te souhaite d'aimer les gens et de ne pas les oublier s'ils se sacrifient pour toi et tes amis ou pour d'autres personnes. Je te souhaite aussi d'agrandir ta famille pour ne jamais couper le cordon - parents Ă©ternels – amour Ă©ternel. Je te souhaite encore d'avoir la plus belle vie du monde et de gagner ta vie avec la douceur, Je te souhaite encore de ne pas ĂȘtre parfait et d'avoir des dĂ©fauts parce que l'on s'ennuierait de ne plus avoir de diffĂ©rences. Je te souhaite enfin des attentats de bisous et une mitraillette Ă  cĂąlins et un bazooka Ă  chocolat. Je te souhaite surtout de trouver le bonheur Ă  ta porte. Lukas ; Erwan ; Lucie ; Kemo ; RaphaĂ«l ; E. ;Dorian ; Gabrielle ; Quentin ; BĂ©rangĂšre ; Romane ; L ; K ;... PoĂšme de tĂ©lĂ©phone Ici Robert Rapilly, appel au Club PoĂ©sie 1 2 3 Soleil de CrĂ©ances, acceptez-vous d’entendre en ce mercredi 7 dĂ©cembre 2016 un poĂšme de tĂ©lĂ©phone ?Voulez-vous donc savoir comment composer un poĂšme de tĂ©lĂ©phone ?Admettons que la rĂ©ponse soit oui, voici donc un poĂšme de tĂ©lĂ©phone qui dĂ©crit ce qu’est un poĂšme de poĂšme de tĂ©lĂ©phone s’écrit Ă  toute vitesse devant son tĂ©lĂ©phone au moment oĂč l’on va passer un coup de poĂšme sera dit une fois la communication tĂ©lĂ©phonique Ă©tablie, sans laisser Ă  l’oreille qui dĂ©croche le temps de rĂ©pondre, sinon bonjour, oui, non, au revoir...Il n’est pas malpoli, quand on est poĂšte de tĂ©lĂ©phone, d’interrompre aussitĂŽt la voix qui que notre poĂšme sera prĂ©cĂ©dĂ© d’un bref rappel des circonstances, par exemple Ici Robert Rapilly, appel au Club PoĂ©sie 1 2 3 Soleil de CrĂ©ances, acceptez-vous d’entendre en ce mercredi 7 dĂ©cembre 2016 un poĂšme de tĂ©lĂ©phone ? »S’ensuivra le texte du poĂšme, Ă©crit en une seule fois juste avant de vers peuvent ĂȘtre libres ni rimes, ni mesure prĂ©cise des syllabes... Mais rien ne nous empĂȘche avant que l’on dĂ©croche et tape un numĂ©ro – dix chiffres au cadran – que l’on rythme le texte en bornant chaque strophe de vers bien mesurĂ©s tels que l’ peut aussi avoir composĂ© Ă  toute vitesse un sĂ©lĂ©net, une morale Ă©lĂ©mentaire, un acrostiche sur le prĂ©nom de la personne qu’on appelle... bref, n’importe quelle autre forme poĂ©tique comme il nous poĂšmes de tĂ©lĂ©phone se terminent au bout d’une seule comptent deux strophes, quand il y a une faciliter la rĂ©ponse, il est conseillĂ© d’envoyer le texte du poĂšme de tĂ©lĂ©phone que l’on vient de dire sous forme de revoir, Ă  bientĂŽt, c’est en gĂ©nĂ©ral par ces mots que se termine un poĂšme de revoir ! À bientĂŽt, cher Club PoĂ©sie 1 2 3 Soleil de CrĂ©ances !-R_ Nuit d'hiver -Guy de Maupassant Nuit d'hiver de Guy de Maupassant POUR UN ART POETIQUE Prenez un mot prenez-en deux faites-les cuir' comme des oeufs prenez un petit bout de sens puis un grand morceau d'innocence faites chauffer Ă  petit feu au petit feu de latechnique versez la sauce Ă©nigmatique saupoudrez de quelques Ă©toiles poivrez et puis mettez les voiles oĂč voulez-vous en venir ? A Ă©crire Vraiment ?A Ă©crire ?? Raymond Queneau Chien Ă  la mandoline Recette pour faire une chanson Choisissez une musique Épluchez des mots rigolos Tournez une journĂ©e oĂč il fait beau Plongez dans la pluie Égouttez au soleil Ajoutez des morceaux de musique. ClĂ©mence. Recette pour lire Grattez des mots gravĂ©s Badigeonnez avec un pinceau d'eau douce Saupoudrez de joie Poivrez les fins des verbes Faites les cuire dans votre cerveau DĂ©gustez les mots les plus gentils. Quentin Recette pour fabriquer des PokĂ©mons Faites cuire des Ɠufs multicolore MĂ©langez avec des fossile prĂ©historique Jetez les petits cailloux pointue Portez Ă  Ă©bullition Mettez le tout dans incubateur Retirez avec prĂ©caution et disposez le tout dans la montagne. Lukas La recette pour faire un orage Epluchez un nuage Coupez en rondelles des morceaux de bleu Mettez les en gris. Videz le soleil de son feu Lavez les graviers PrĂ©chauffez votre k way Attendez que votre orage arrive Et disposez les gouttiĂšres Puis servez-vous de sĂ©clairs pour vous faire griller. Gabrielle Lemoigne Recette pour rĂȘver PrĂ©parez fĂ©e et chevaliers Garnissez de chĂąteau et de grands voiliers Roulez-vous dans les draps Ajoutez un tour de bras Mettez du sable du marchand de la nuit Servez vous de vos yeux pour vous endormir sans bruit, Lucie Recette pour ĂȘtre libre Coupez les fils de soie Retirez les les chaĂźnes en bois Enlevez les menottes de plastique Travaillez avec les anges en porcelaine Mettez une robe de verre Remuez votre pull-over Versez-vous un cocktail de laine Servez-vous de l’eau de porcelaine, Lucie Recette pour faire un conte de fĂ©es Épluchez un rĂ©sumĂ© d'histoire. Coupez ce qu'on ne peut savoir. Mettez un bon roi de cĂŽtĂ©. Farcissez d'ogres et de fĂ©es. Ajoutez-y une princesse. Ficelez-la avec tendresse. Mettez au chaud jusqu'Ă  demain. Servez avec sept petits nains. Recette pour jouer sous la pluie Versez beaucoup d'eau. MĂ©langez dans un seau. Couvrez d'un parapluie. Ajoutez quelques nuages gris. Portez Ă  Ă©bullition. Attendez l'explosion. Mettez vos bottes en or. Sortez dehors. Servez vous des flaques Puis sautez Plic ! Plac ! PoĂšme collectif 12 De la poĂ©sie en maternelle ? De façon gĂ©nĂ©rale, la poĂ©sie est une pratique qui ne semble pas populaire ni ancrĂ©e dans les pratiques courantes de littĂ©rature. Jean-Pierre SimĂ©on explique que « la poĂ©sie est souvent considĂ©rĂ©e comme une pratique Ă©litiste, produisant des textes arides et obscurs. » Je

Jean-Pierre SimĂ©on, agrĂ©gĂ© de Lettres modernes, a Ă©tĂ© formateur d’enseignants. Auteur de nombreux recueils de poĂšmes, de romans, de livres pour la jeunesse et de piĂšces de théùtre, il est actuellement directeur artistique du Printemps des poĂštes. Ci-dessous, synthĂšse de son intervention lors de la Rencontre de l’Atelier de Montluçon en dĂ©cembre a une idĂ©e trĂšs fausse et largement partagĂ©e de ce qu’est la poĂ©sie. Cette idĂ©e est fondĂ©e sur l’expĂ©rience qu’on en a et qui, en gĂ©nĂ©ral, repose sur la rencontre de trĂšs peu de poĂšmes en comparaison de l’immensitĂ© du patrimoine poĂ©tique universel, des milliards de textes. Il y a des poĂšmes depuis toujours, dans toutes les civilisations, il n’y a pas une communautĂ© humaine qui n’ait sa poĂ©sie - L’idĂ©e qu’on s’en fait est donc forcĂ©ment trĂšs restrictive et superficielle. Elle relĂšve en plus d’a priori, de y a deux opinions courantes. La premiĂšre, c’est que la poĂ©sie est cette chose charmante, chantonnante, d’une belle musicalitĂ©, qu’on admire de loin, parfois un peu miĂšvre en regard du monde concret dans lequel on est immergĂ©. Et l’autre reprĂ©sentation, complĂštement Ă  l’opposĂ©, c’est celle d’ un objet bizarre auquel n’auraient accĂšs que quelques initiĂ©s ayant le don de comprendre ces choses qui sortent de l’ordinaire, de la comprĂ©hension humaine. Il faudrait avoir une sorte de talent divinatoire pour lire comme il le faut Maurice SĂšve, MaĂŻakovski, Aragon ou Yves Bonnefoy, par reprĂ©sentations font qu’on ne va pas Ă  la poĂ©sie, qu’elle est hors du social depuis quelques dĂ©cennies en France - ce n’est pas le cas dans toutes les maniĂšre d’habiter le mondeJe ne vais pas m’étendre davantage sur ces dĂ©finitions historiques, socio-culturelles, mais bĂątir sur cette formule de Georges Perros, un trĂšs bon poĂšte de la fin du XXe siĂšcle Le plus beau poĂšme du monde ne sera jamais qu’un pĂąle reflet de ce qu’est la poĂ©sie une maniĂšre d’ĂȘtre, d’habiter, de s’habiter ». C’est capital. Ce que manifestent Rimbaud, de Ritsos, de Whitman
, c’est ce qui apparait dans la prise de parole que l’on appelle poĂšme une position claire, ferme, et complexe en mĂȘme temps devant le monde, devant le rĂ©el et au coeur du rĂ©el. C’est un type de rapport Ă  l’existence, Ă  la communautĂ© humaine, au destin la poĂ©sie non comme un supplĂ©ment d’ñme, mais comme une maniĂšre d’ĂȘtre, d’habiter le monde, comme un positionnement du point de vue humain, c’est la dĂ©finir d’emblĂ©e comme une Ă©thique. C’est lĂ  l’enjeu essentiel dĂ©finir une maniĂšre d’habiter le monde, c’est un projet politique. Hölderlin, le grand poĂšte allemand, l’avait dit dĂ©jĂ  dans une phrase qui porte sur l’orientation que nous donnons Ă  la vie Nous cheminons vers le sens si nous habitons en poĂšte sur la terre. » Or, aujourd’hui, nous faisons l’exact contraire et c’est pour cela que nous allons dans le mur, que nous allons vers une sorte de grand suicide l’avoir et le paraĂźtre Alors que signifie vivre en poĂšte ? C’est l’exact contraire des normes de comportement qu’on nous impose actuellement. LĂ  oĂč la poĂ©sie est subversive, c’est qu’elle propose dans la relation Ă  soi, dans la relation au monde, au rĂ©el le contraire de ce qui se passe aujourd’hui la marchandisation du monde occidental qui se dĂ©veloppe partout avec la mondialisation, le dĂ©ni de l’humain, en raison du primat sur l’humain de superstructures Ă©conomiques, de l’idĂ©ologie tout Ă  fait organisĂ©e et pensĂ©e. Ce qui fait que petit Ă  petit, sans que nous nous en rendions compte, nous sommes vidĂ©s de notre poĂ©tique, c’est l’exact contraire puisque depuis toujours les poĂštes ne cherchent qu’à fonder dans leur parole un surcroĂźt d’humanitĂ©. Nous connaissons la fameuse phrase de JaurĂšs On ne naĂźt pas humain, on le devient ». Vivre en poĂšte sur la terre, c’est simplement se donner pour tĂąche premiĂšre, presqu’exclusive – c’est lĂ  l’engagement absolu du poĂšte - de devenir plus humain et de comprendre les conditions de cet enjeu comment on devient plus qui domine aujourd’hui, c’est l’obsession de l’avoir, la prĂ©dominance de la finance, la volontĂ© de pouvoir qui engendre la compĂ©tition et la compĂ©titivitĂ©, les hĂ©ros, ĂȘtre plus que les autres, c’est-Ă -dire la nĂ©gation de l’autre. Toutes les images, les figures, les idoles qu’on prĂ©sente Ă  nos yeux et nos oreilles comme enviables, Ă  travers les discours sur la sociĂ©tĂ©, nous enjoignent d’ĂȘtre des ĂȘtres de pouvoir, d’ĂȘtre toujours un peu plus que l’autre, un peu plus fort, un peu plus savant, plus expert que l’ profondeur irrĂ©ductible de chaque ĂȘtreC’est ce que rĂ©cuse fondamentalement tout poĂšme, puisque toute poĂ©sie dit d’emblĂ©e la relativitĂ© de tout savoir, tout poĂšme est l’aveu d’un savoir limitĂ©, rien n’est dĂ©finitivement clos dans un savoir. Dans nos sociĂ©tĂ©s, il y a l’avoir, le pouvoir et le paraĂźtre. La valeur de l’ĂȘtre est dĂ©finie par le paraĂźtre, par ce que l’on sait de l’image. Et l’on juge tout un chacun, toute chose, tout Ă©vĂ©nement sur l’image, sur l’apparence premiĂšre. Or, depuis le premier temps du premier poĂšme, l’effort du poĂšte, c’est de dĂ©passer la vue premiĂšre. Donc, dans une sociĂ©tĂ© gouvernĂ©e par la vue de surface, par l’apparence, oĂč nous lisons le monde au faciĂšs, oĂč nous lisons l’autre au faciĂšs, c’est-Ă -dire dans une saisie partielle, rĂ©ductrice, scandaleusement mensongĂšre du rĂ©el, dans ce monde la poĂ©sie incarne le contraire. Car tout poĂšme cherche ce que le rĂ©el ne sert pas d’abord, n’offre pas de lui-mĂȘme. Tout poĂšme cherche Ă  creuser, Ă  faire apparaĂźtre la profondeur irrĂ©ductible, insolvable, illimitĂ©e de chaque ĂȘtre, de chaque chose, de chaque geste, chaque Ă©vĂšnement, chaque pensĂ©e, de chaque sentiment, de chaque phĂ©nomĂšne, comme disent les philosophes. La poĂ©sie donne expansion Ă  la chose minime, banale, triviale, la poĂ©sie revendique le droit d’y voir, d’y rencontrer, d’y explorer une infinie rĂ©alitĂ©, au-delĂ  de l’apparence immĂ©diate, au-delĂ  de la dĂ©finition, de la la peur de l’autre. Étreindre le mondeLe grand mal de notre temps, c’est l’obsession de la sĂ©curitĂ©, de l’assurance, on est dans une grande peur, la peur d’ĂȘtre dĂ©bordĂ© dans ses frontiĂšres. Et tout est fait pour nous infliger cette peur, pour nous la transfuser. Nous avons une peur ontologique, native, premiĂšre, celle de la solitude, de la perte, de l’abandon, de la catastrophe. Le bĂ©bĂ© en fait l’expĂ©rience, au premier jour quand il est laissĂ© seul, hors des bras du pĂšre ou de la mĂšre, dans un lit, dans une piĂšce. Nous naissons avec l’appĂ©tit, comme l’enfant, de tout voir, les yeux grands ouverts, la volontĂ© terriblement passionnĂ©e d’étreindre le monde, et en mĂȘme temps avec cette peur premiĂšre de la perte, de la solitude. Et il est trĂšs commode de l’exploiter, de fonder sur elle des rapports collectifs celui qui a peur est facilement asservi, par la peur elle-mĂȘme, mais asservi aussi aux discours qui prĂ©tendaient le protĂ©ger du monde. Ce sont tous les discours sĂ©curitaires. Et nous avons tous en nous une demande sĂ©curitaire, la volontĂ© d’ĂȘtre protĂ©gĂ©s du compliquĂ©, du trouble, de l’inconnu. Nous avons trĂšs profondĂ©ment cette peur en nous, en mĂȘme temps que nous avons le dĂ©sir du dĂ©passement, le dĂ©sir de l’autre, de la nuit, de ce qui grands processus d’asservissement se jouent Ă  partir de cette rĂ©flexion sur la peur individuelle et comment l’ exploiter. Dans les sociĂ©tĂ©s modernes, aujourd’hui, mais aussi dans les dĂ©cennies ou les siĂšcles prĂ©cĂ©dents. Cette peur premiĂšre est organisĂ©e dans toute sociĂ©tĂ© parce qu’elle permet un pouvoir, la main mise sur les consciences, et elle a pour consĂ©quence qu’on se protĂšge symboliquement par ce que j’ai appelĂ© les dĂ©finitions, les catĂ©gorisations, tout ce qui immobilise, et par le souci de l’identitĂ© stable, de l’identification. On est aujourd’hui dans une nĂ©vrose extrĂȘme de l’identitaire. Tout doit ĂȘtre associĂ© Ă  une dĂ©finition, or "dĂ©finition" veut dire exactement "limitation" le mot vient du latin fines qui veut dire frontiĂšre. Si on vous dĂ©finit, on vous ferme, on vous finit, on met un contour autour de vous. Or, aujourd’hui, tout est fait pour que nous nous contentions de nos contours, nous et tout objet, toute chose. On peut trĂšs facilement dĂ©finir une chose sur la premiĂšre vue, sur la premiĂšre conscience n’explore que dans le temps et l’attentionDe plus, nous vivons Ă  une Ă©poque oĂč le temps a disparu, nous sommes gouvernĂ©s par l’accĂ©lĂ©ration majeure du temps – avec l’Internet, le TGV, par exemple. Or, pour aller au-delĂ  de la surface et de la dĂ©finition rapide de chaque chose et de chaque ĂȘtre, de la dĂ©finition immĂ©diate, consensuelle, conventionnelle, conforme - le thĂ©orĂšme des trois "con" -, il faut obligatoirement du temps. Mais le monde de la marchandisation, le monde capitaliste, fondĂ© sur le principe d’économie, a depuis le XIXe siĂšcle thĂ©orisĂ© cette abolition du temps, ce vol du temps. Le temps est la condition indispensable Ă  "la traversĂ©e au-delĂ  de l’apparence", c’est-Ă -dire l’ouverture scrutative de la conscience. Car il n’y a de conscience qui explore, qui interroge, qui ne se contente pas de la premiĂšre rĂ©ponse donnĂ©e par le faciĂšs et qui dĂ©veloppe sa question que dans le temps, que dans ce qu’on appelle trĂšs profondĂ©ment l’attention. Or cette qualitĂ© humaine premiĂšre, qui fonde l’humain et dont tout le monde a le partage, est aujourd’hui la plus ravagĂ©e l’ attention radicale qui engage tout l’ĂȘtre, qui est sans concession, c’est celle de Van Gogh devant le paysage, de Giacometti devant sa matiĂšre, de toute personne qui prend le temps de l’arrĂȘt et de l’immobilisation de soi, qui rompt la course Ă©ternelle du geste quotidien, de ce continuum, pour y créér une brĂšche. Et cette brĂšche, c’est un appel Ă  aller Ă  la profondeur, qui suppose un effort, pour que se mobilise Ă  l’extrĂȘme la combat majeur le langageTout ce que l’on peut dĂ©crire des instruments d’oppression individuelle et collective se joue essentiellement dans le langage. Il y a lĂ  un combat politique majeur. Or les premiers a avoir eu la conscience de l’oppression possible dans le langage, ce sont les poĂštes. La premiĂšre raison de la poĂ©sie, c’est de se rebeller devant l’extrĂȘme danger du langage Ă  enfermer, Ă  asservir, Ă  subordonner, Ă  se faire l’instrument de la rĂ©duction du monde, du connu, du vĂ©cu Ă  sa surface Ă©mergĂ©e, ce qui donne un totalitarisme la poĂ©sie permet de comprendre cela. Georges Bataille disait Nous n’aurions plus rien d’humain, si le langage en nous devenait tout Ă  fait servile ». Odysseus Elytis, magnifique poĂšte grec, prix Nobel de littĂ©rature, postĂ©rieur Ă  Yannis Ritsos, le formule autrement LĂ  oĂč la montagne dĂ©passe du mot qui la dĂ©signe se trouve un poĂšte. » LĂ  oĂč le monde dĂ©passe les mots qui le dĂ©signent se trouve la poĂ©sie. La poĂ©sie sert Ă  nommer, Ă  rĂ©vĂ©ler, Ă  faire agir, Ă  rendre prĂ©sent Ă  la conscience, Ă  faire apparaitre le monde dans tout ce que le langage ordinaire, normĂ© langage, Ă  sa naissance, porte, comme tout ce qui est humain, deux choses en mĂȘme temps, son affirmation et son contraire. Imaginons l’homme qui fonde le langage, cet acte gĂ©nial fondateur del’HumanitĂ©. Pour simplifier, il y a au dĂ©part articulation de quelques sons arbitraires, qui vont ĂȘtre isolĂ©s et attachĂ©s Ă  l’objet, Ă  une chose un murmure, un borborygme qui va ĂȘtre reconnu, identifiĂ© Ă  la pierre, au rocher, au bĂąton. Pourquoi cela fonde l’humain ? Parce qu’est inventĂ© plus que le mot la symbolisation. Ce que je dis n’est pas l’objet, mais le reprĂ©sente. C’est de cela que se dĂ©duit ce qui nous fait tous, la mĂ©moire. Ce n’est que parce que je peux nommer l’absent que la mĂ©moire apparait. Et ce n’est que parce que je peux dire l’absent, que je peux dire le passĂ©, le futur. Avant cela, on est "le nez dans la terre", dans une relation animale, rude, sans distance, sans recul, donc sans espoir d’analyse et de comprĂ©hension au-delĂ  de la vue et de la sensation premiĂšres. En inventant la symbolisation, l’homme invente la mĂ©moire, l’humain, l’histoire, le passĂ© et l’avenir. Et en inventant l’avenir, il invente le projet, une pensĂ©e qui se dĂ©place vers l’avant. Mais avec ce langage, il invente aussi la possibilitĂ© de la prĂ©servation de l’espĂšce, parce que cela lui permet l’échange individuel et collectif, de s’entendre, de parler ensemble, et donc une entente commune sur le langage premier nĂ©cessaire... et rĂ©ducteurMais pour que ce langage soit efficace, il est une condition absolue, nĂ©cessaire... et catastrophique. C’est qu’il soit univoque, qu’il n’y ait pas de malentendu. Le principe de ce langage premier, fondateur du collectif, est d’ĂȘtre rĂ©ducteur je parle, je suis compris. Cela permet aujourd’hui encore Ă  chacun d’entre nous d’agir, de prendre le train, de dire "ferme la fenĂȘtre, la porte", etc., c’est-Ă -dire l’exacte nĂ©cessitĂ© quotidienne qu’on appelle le pragmatisme, l’organisation de notre champ de vie le principe de cette langue commune, rĂ©duite Ă  des sens limitĂ©s, est aussi dĂ©lĂ©tĂšre, mortifĂšre. Parce que le mot qui est un concept, une reprĂ©sentation abstraite d’une chose concrĂšte, du vĂ©cu tangible, ce mot perd la profondeur de l’expĂ©rience, l’épaisseur de la vie, la saveur, le parfum, le touchĂ©, la mĂ©moire, l’affect, tout ce qu’il a traversĂ©, tout ce qu’il porte en lui d’histoire humaine. Si je dis le mot "arbre", nous nous comprenons, mais le mot arbre perd tout ce que nous avons vĂ©cu, chacun, des arbres ; car chacun d’entre nous est riche de milliers d’arbres, ceux que nous avons vus, des cabanes construites, de la branche sur laquelle nous nous sommes appuyĂ©s, l’arbre taillĂ©, le tronc sur lequel on pose son Ă©paule. Cette infinie expĂ©rience de l’arbre est l’épaisseur du rĂ©el, sa profondeur, elle dĂ©borde du mot Ă  chaque instant, l’homme fait de toute chose une infinie rĂ©alitĂ©, une rĂ©alitĂ© indĂ©finie, illimitĂ©e. Autant on a besoin des mots, autant les mots perdent l’infinie profondeur de la rĂ©alitĂ© ce que nous vivons, ce que nous pensons, ce que nous ont lĂ©guĂ© nos parents, nos grands-parents, ce que l’enfant nous a rĂ©vĂ©lĂ©, ce sont les sens agis par l’homme, ceux de notre vie, de notre libertĂ© de faire de chaque chose le contraire de ce qu’elle est ou l’indĂ©fini, l’imprĂ©vu de ce qu’elle est. Et ça, c’est la poĂ©sie. C’est la poĂ©sie qui dit la part de l’arbre manquante, la rĂ©alitĂ© manquante, la part manquante de la langue. C’est pour cela que depuis toujours, depuis l’aube des temps, s’est levĂ© un poĂšte. Le langage a Ă©tĂ© constituĂ©, organisĂ© et il a organisĂ© le rĂ©el comme on le vit aujourd’hui encore dans la nĂ©cessitĂ© immĂ©diate, univoque – qui est aussi nĂ©cessaire. Mais cela "vole le rĂ©el". Ce sentiment profond d’ĂȘtre frustrĂ© de la vĂ©ritĂ© du rĂ©el, nous l’éprouvons tous les jours, nous le verbalisons, dĂšs l’enfance. Ainsi, sollicitĂ©s pour formuler notre Ă©tat d’ñme, notre pensĂ©e, nous sommes souvent dans l’impossibilitĂ© de le faire, "nous n’avons pas les mots pour le dire". Parce que le langage ordinaire n’a comme destination et possibilitĂ© que de dire "le sens minimum intergĂ©nĂ©rationnel garanti".Bien sĂ»r le langage premier univoque doit ĂȘtre transmis parce qu’il permet l’intĂ©gration sociale, mais il faudrait que dĂšs le berceau, dĂšs l’enfance, l’antidote soit aussi donnĂ©, le langage impossible qui, au lieu d’ĂȘtre monosĂ©mique - un mot un sens-, est un langage inverse, qui tient parole, qui parle, qui ne se contente pas de l’énoncĂ©, qui porte en lui la chair et le sang de l’humain c’est la diffĂ©rence entre l’énoncĂ© et la poĂ©sie, dĂ©flagration du langage, nous sauve de la normeUn langage investi de toute une expĂ©rience de vie, et pas seulement de la sienne, subjectivement, de celle de toutes les rencontres, et y compris d’expĂ©riences contradictoires Ă  la sienne, c’est un langage neuf. C’est celui que le poĂšte invente par des actes iconoclastes, asociaux, libertaires il va consciemment, volontairement toucher aux normes du langage, dans toutes ses composantes D’abord le poĂšte rompt le rythme qui fonde le langage premier, il rompt le code du signal, cette carte des correspondances mot-sens, qui est un asservissement, une subordination du mot au sens prĂ©vu, organisĂ©, lĂ©gitimĂ©. Mais qui lĂ©gitime le sens d’un mot ? Si l’on peut Ă  la rigueur pour un objet, une chose Ă©tablir une correspondance, qui, pour une rĂ©alitĂ© de l’ordre de l’humain, par exemple ce qui relĂšve du sentiment, de la pensĂ©e, qui dĂ©cide du sens ? Il faut penser la constitution idĂ©ologique du lexique. Le poĂšte touche au lexique, Ă  la syntaxe, Ă  la composante sonore c’est une dĂ©flagration du langage. Le poĂšte choisit une anormalitĂ© consciente. Pourquoi ? Parce que cela nous sauve de la norme, parce que toute normalisation est oppressive, rĂ©duit le rĂ©el Ă  la catĂ©gorie, Ă  la dĂ©duction, Ă  l’injonction, Ă  la dĂ©finition, Ă  l’ poĂšte, en crĂ©ant une langue qui n’est plus monosĂ©mique mais devient polysĂ©mique, invente un objet bizarre, un langage qui n’a pas de comprĂ©hension immĂ©diate. Ce qui nous embĂȘte bien aujourd’hui, gouvernĂ©s que nous sommes par Wall Street et autres, parce que cela veut dire du temps, une latence entre la chose prononcĂ©e et la chose comprise. Le langage ordinaire, celui du discours politique, du Journal de 20h, est compris trĂšs vite, immĂ©diatement, et on doit comprendre trĂšs vite sinon on est "dĂ©valorisĂ©" dans ses capacitĂ©s intellectuelles. Le poĂšme, lui, rĂ©clame de ne pas ĂȘtre compris, de ne jamais ĂȘtre complĂštement compris. Le propre de la poĂ©sie, c’est de dire aussi ce qui n’est pas limitĂ© dans la comprĂ©hension, dans la saisie qu’on en a. C’est justement lĂ  que la parole est l’exacte vĂ©ritĂ©, parce que rien de ce qui fonde notre existence n’est dĂ©finissable, rien n’est dĂ©finitivement compris. Parce que si c’était le cas, nous n’aurions plus d’avenir. Et c’est bien ce que l’on veut nous faire croire aujourd’hui, c’est ce que le langage dominant veut nous faire croire, nous enjoint de croire. Le langage dominant est un implant permanent, qui diffuse Ă  tout instant, tous les jours, par tous les moyens, comme jamais dans l’histoire de l’HumanitĂ©, ce qu’il faut comprendre du rĂ©el, ce qui est nĂ©cessaire d’en comprendre, codifiĂ©, lĂ©gitimĂ© nous n’avons Ă  comprendre que parole libre libĂšre les reprĂ©sentations du mondeDepuis toujours, dans toutes les communautĂ©s humaines, il y a des gens qui ont inventĂ© un langage impossible, atypique, qui Ă©chappe Ă  toutes les injonctions pour dire le rĂ©el, parce qu’il a cette volontĂ© d’équivoque du sens, il conditionne une parole libre devant le rĂ©el. En poĂ©sie, on peut tout dire, je peux dire la neige est rouge et chaude, alors qu’on apprend tous qu’elle blanche et froide. Mais la rĂ©alitĂ© de la neige, c’est qu’elle est de toutes les couleurs du monde, c’est la rĂ©alitĂ© de la poĂšte est le garant tout au long de l’histoire humaine d’une libertĂ© insolvable, irrĂ©ductible dans la langue... peu importe le lĂ©gislateur de la langue, les grammairiens qui existent depuis longtemps. Je me permets de faire ce que je veux avec les mots, avec les rythmes. Et cette libĂ©ration de la langue a des consĂ©quences cruciales. Car sans les poĂštes, la pente fatale de la normalisation, la rĂšgle des trois cons - conventionnel, consensuel, conforme - aurait dominĂ© sans conteste. Je rappelle la phrase de Georges Bataille Ă©noncĂ©e au dĂ©but Nous n’aurions plus rien d’humain si le langage en nous devenait tout Ă  fait servile ». Or, aujourd’hui, le langage est servile et, asservis Ă  un langage servile, nous perdons ipso facto notre humanité  car ce qui fonde l’humain, c’est la capacitĂ© Ă  subvertir le langage, Ă  le libĂ©rer, parce que libĂ©rant le langage, il libĂšre les reprĂ©sentations du a toujours existĂ© Ă  cĂŽtĂ© du langage normatif, imposĂ©, plusieurs langages, de mĂ©tiers, d’argot des rues, des langages de rĂ©bellion intuitive, implicite, populaire le principe de la poĂ©sie est dans le peuple. C’est ce qu’affirme le livre magnifique d’Eluard, PoĂ©sie involontaire et poĂ©sie intentionnelle, Ă©crit pendant la guerre, ce qui fait sens. Dans toutes les grandes dictatures, dĂšs l’AntiquitĂ© jusqu’à aujourd’hui, quand il y a un rĂ©gime oppressif, ce sont les poĂštes qu’on met d’abord en prison ou qu’on assassine Pinochet au Chili avec Neruda et Victor Jara, Franco avec Lorca, ces hommes qui dĂ©gagent pour nous une autre comprĂ©hension du monde. Et s’il y a une autre reprĂ©sentation du monde, alors d’autres mondes sont que la poĂ©sie sauvera le monde » veut dire vivre dans une alerte permanente, dans une attention qui ne cesse jamais, ĂȘtre comme ces grands crĂ©ateurs qui ont la volontĂ© absolue de saisie de la vie, de toutes ses composantes, c’est-Ă -dire sans repos, sans relĂąchement, sans jamais trahir la vĂ©ritĂ© contradictoire, d’une complexitĂ© illimitĂ©e de la vie. Ëtre artiste jusqu’au bout des ongles. Ceci vaut pour le danseur, l’homme ou la femme de théùtre, le plasticien, etc., une sorte d’engagement trĂšs profond qui ne tiendra jamais le rĂ©el pour nous avons besoin non pas d’une petite clause de conscience, nous avons besoin de l’art, le moins rĂ©cupĂ©rable, le plus radical et qui touche Ă  l’instrument d’asservissement le plus violent et le plus partagĂ© de la langue, au coeur de notre pensĂ©e. Si on ne pense pas le monde avec les caractĂ©ristiques culturelles intransigeantes Ă©voquĂ©es, celles qui incarnent la poĂ©sie du jour, la rebellion devant l’univocitĂ© du sens, la volontĂ© illimitĂ©e de rĂ©cuser l’identitĂ© en tout, l’identitĂ© fermĂ©e, si nous ne prenons pas cela comme point d’appui pour penser une sociĂ©tĂ© viable, toutes les autres fatalitĂ©s Ă©conomiques, idĂ©ologiques, sociales, religieuses, vont nous ramener Ă  des seul point d’appui universel, c’est la poĂ©sie – c’est pour cela que cela nous intĂ©resse parce qu’elle nous rend co-humain – point d’appui irrĂ©ductible de la libertĂ© humaine. Et c’est en mĂȘme temps une exigence. Le grand schĂ©ma dominant, c’est l’immobilisation de tout, des comportements dans des modĂšles, dans des prĂȘts Ă  porter, des prĂȘts Ă  penser rĂ©ducteurs. Nous sommes dans un monde identitaire qui veut fixer la vie, qui la tue. Or il n’y a de vie que dans le mouvement et il n’y a de pensĂ©e et de pensĂ©e de la vie que dans le et synthĂšse MichĂšle KiintzLa vidĂ©o et l’enregistrement sont disponibles ici. Url de Cerises n°312 , 27 janvier 2017

FranckDelorieux - "Faites entrer l'inconnu de la scĂšne" Jean-Louis Martinoty - Épitre sur les fil(s) posthumes; GĂ©rard-Georges Lemaire - JR, ou du dandysme mauvais genre; Omar Berrada - C'est la boiterie qui fait la poĂ©sie; Gianni Burattoni - Une partie de tennis inachevĂ©e; Jean-Pierre SimĂ©on - Se peut-il que l'on meure ?
En janvier, mes Ă©lĂšves de 6 A et de 6 E ont rĂ©digĂ© des poĂšmes inspirĂ©s par celui de Jean Pierre SimĂ©on Neige », extrait du recueil A l’aube du buisson, publiĂ© en 1985. Un poĂšme d’actualitĂ© ! que je vous propose de dĂ©couvrir Neige FantĂŽme lĂ©ger fantĂŽme court sur le toit danse Ă  la fenĂȘtre laisse dans le jardin la blancheur de ses pas *** Dormeuse, lente dormeuse couve le paysage endort sa mĂ©moire laisse dans nos mains une lumiĂšre froide *** Ourse belle ourse blanche ne connaĂźt du printemps que l’élan du ruisseau qui lui prend sa fourrure pour de trĂšs longs voyages Les Ă©lĂšves devaient simplement remplacer certains mots que j’avais soulignĂ©s dans ce texte pour inventer un poĂšme de leur choix Ă©voquant autre chose que la neige par exemple, la pluie, la nuit, la lune, le soleil, la joie, la tristesse
 Ils avaient aussi le droit de choisir leur thĂšme et devaient conserver la structure du poĂšme, c’est-Ă -dire les trois strophes, mais aussi la structure syntaxique et les classes de mots, dans la mesure du possible. Ils devaient aussi respecter l’organisation sĂ©mantique du poĂšme, qui associe la neige Ă  une personne, dans les premiĂšres strophes fantĂŽme », dormeuse », puis Ă  un animal ourse », dans la troisiĂšme strophe. Bien sĂ»r, nous avions prĂ©parĂ© ce travail par de petits exercices d’écriture et toutes les leçons prĂ©cĂ©dentes, mais ce n’était pas si simple, Ă  mon avis. Ils ont plutĂŽt bien rĂ©ussi, dans l’ensemble, et je les fĂ©licite. Voici certains de leurs Ă©crits et vous verrez que le thĂšme prĂ©fĂ©rĂ© a Ă©tĂ© le soleil, qui nous manque tant en Seine et Marne ! Le soleil LumiĂšre, puissante lumiĂšre traverse les planĂštes Ă©claire nos vies laisse dans l’univers ta magnifique valeur *** EnvoĂ»teur, brillant envoĂ»teur rĂ©chauffe nos cƓurs fais-les scintiller laisse dans nos mains l’avenir de demain *** Tigre, vaillant tigre, ne connaĂźt de la lune que sa blancheur Ă©carlate qui lui prend sa chaleur, pour de trĂšs froides nuits
 Nicolas C. Encore le soleil
 Le soleil CrĂ©ateur, puissant crĂ©ateur monte sur la voix rayonne sur la colline laisse dans le village la chaleur de ses Ăąmes *** LumiĂšre, douce lumiĂšre Ă©veille le paysage rĂ©veille sa splendeur laisse dans nos mains un rayon lumineux *** Lion, beau lion orange Ne connaĂźt du paradis que la force de la lumiĂšre qui lui prend sa couleur pour de trĂšs longs voyages Quentin D. Et toujours le soleil ! Soleil Soleil chaud, chaud soleil Ă©claire la terre illumine la vie laisse dans le ciel un rayon de lumiĂšre *** Soleil, soleil si chaud Ă©claire le jour offre-nous ta lumiĂšre laisse dans nos mains des gouttes de lumiĂšre *** Dragon, crache du feu ne connaĂźt du froid que la chaleur de la lave qui lui prend sa beautĂ© pour de trĂšs longs moments Maxime B. Le vent, la pluie, la nuit, la lune et la guerre ont aussi Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©s. Voici le vent Le vent Ange, merveilleux ange galope sur les feuilles joue dans la forĂȘt laisse dans la montagne le froid de sa mĂ©lodie *** Danseur, beau danseur Apporte la tristesse rĂ©veille sa beautĂ© laisse dans nos mains un papillon glacĂ© *** Lapin, gentil lapin ne connaĂźt de l’hiver que la beautĂ© de la neige qui lui prend sa grĂące pour de trĂšs longues annĂ©es Manon G. Voici la nuit, par l’auteur du premier Soleil », qui a Ă©tĂ© plĂ©biscitĂ© par les Ă©lĂšves pour la qualitĂ© de ses textes La nuit Gentleman, galant gentleman voyage dans la galaxie tangue dans le ciel laisse dans l’infini tes brillantes Ă©toiles *** RĂȘveuse, profonde rĂȘveuse, endort le monde fais le rĂȘver laisse dans nos mains notre belle vie *** PanthĂšre noire, timide panthĂšre noire, ne connaĂźt de la journĂ©e que le soleil levant, qui lui prend sa chaleur, pour de trĂšs courtes existences
 Nicolas C. J’ajouterai d’autres poĂšmes dĂšs que j’aurai un peu plus de temps pour constituer une petite anthologie qui fera honneur, je l’espĂšre, Ă  Jean Pierre SimĂ©on
 Ledilemme de Jean Tardieu. Le bonheur de Paul Fort. La Terre de Paul Eluard . La diffĂ©rence de Jean Pierre SimĂ©on. L'homme qui te ressemble de RenĂ© PhilombĂ©. Je veux une vie de Boris Vian. jamais je ne pourrai de Claude Roy. J'attends de Hubert Mingarelli. Imaginons de EugĂšne Guillevic. Cher frĂšre blanc d'un anonyme. C'est Ă  vous que je
" Seules des mains vraies Ă©crivent de vrais poĂšmes. Je ne vois pas de diffĂ©rence de principe entre une poignĂ©e de main et un poĂšme ". Paul Celan,... Lire la suite 13,00 € Neuf ExpĂ©diĂ© sous 3 Ă  6 jours LivrĂ© chez vous entre le 1 septembre et le 6 septembre " Seules des mains vraies Ă©crivent de vrais poĂšmes. Je ne vois pas de diffĂ©rence de principe entre une poignĂ©e de main et un poĂšme ". Paul Celan, lettre Ă  Hans Bender. Cette formule de Paul Celan, que Jean-Pierre SimĂ©on aime citer, caractĂ©rise aussi bien sa posture d'Ă©crivain que son rapport au monde. PoĂšte de la fraternitĂ© et de la main tendue, il l'est assurĂ©ment. Ses recueils, autant que ses romans ou ses textes dramatiques, rĂ©vĂšlent un auteur qui fait de la littĂ©rature le lieu de toutes les rencontres, de tous les partages, de toutes les expĂ©riences de vie. Une fraternitĂ© qui est Ă©galement au coeur de sa dĂ©marche d'homme, celle d'un optimiste tragique qui fait du rapport humain un rempart contre l'angoisse de vivre - et de mourir. Date de parution 01/10/2008 Editeur ISBN 978-2-84562-138-1 EAN 9782845621381 PrĂ©sentation BrochĂ© Nb. de pages 144 pages Poids Kg Dimensions 14,0 cm × 20,0 cm × 1,0 cm
AUXÉDITIONS LA DIFFÉRENCE Prix PromĂ©thĂ©e (nouvelles) (poĂ©sie) Jacqueline Saint-Jean, Chemins de bord suivi de Visages mouvants, prĂ©face de VahĂ© Godel, 1999. RĂ©mi Faye, FiĂšvre blanche, prĂ©face de Guy Goffette, 2000. Philippe Mac Leod, La Liturgie des saisons, prĂ©face de Jean-Pierre Lemaire, 2001. RĂ©gine Foloppe Ganne, Tributaires du vent, prĂ©face de Jean Pour chacun une bouche deux yeux deux mains deux jambes Rien ne ressemble plus Ă  un homme qu’un autre homme Alors entre la bouche qui blesse et la bouche qui console entre les yeux qui condamnent et les yeux qui Ă©clairent entre les mains qui donnent et les mains qui dĂ©pouillent entre le pas sans trace et les pas qui nous guident oĂč est la diffĂ©rence la mystĂ©rieuse diffĂ©rence ? Jean-Pierre SimĂ©on 18nov. 2016 - Cette Ă©pingle a Ă©tĂ© dĂ©couverte par Jacline44. DĂ©couvrez vos propres Ă©pingles sur Pinterest et enregistrez-les. Ainsi disait, de façon prĂ©monitoire, Jean Cocteau La poĂ©sie est la plus haute expression permise Ă  l’homme. Il est normal qu’elle ne trouve plus aucune crĂ©ance dans un monde qui ne s’intĂ©resse qu’aux racontars.» En effet, la poĂ©sie n’est pas de l’ordre des racontars, en effet elle ne nous raconte pas d’histoires, une autre raison donc de l’exclure dans le hors-champ. 
 J’en ai Ă©tĂ© tĂ©moin tant de fois la plupart de ceux qui, accoutumĂ©s Ă  la langue basse de la logorrhĂ©e mĂ©diatique et du discours technocratique, entendent un poĂšme Ă  eux offert Ă  l’improviste, remercient. J’ai eu le sentiment parfois qu’ils y retrouvaient une dignitĂ© et comme une fiertĂ© pour eux-mĂȘmes. Il y a une distinction dans la langue du poĂšme qui est une distinction morale. Or, je me souviens Ă  ce sujet de ce que disait Roland Barthes Ă  propos du théùtre populaire, que la distinction ne devait pas ĂȘtre l’apanage de la bourgeoisie mais ĂȘtre un bien commun et que, au peuple, il fallait le donner en partage. Nous vivons un temps vulgaire la seule Ă©coute d’un poĂšme y objecte. Ceci mĂȘme le seul fait de dire un poĂšme pour soi-mĂȘme c’est s’insurger contre la vulgaritĂ© du temps et s’éprouver libre par clandestine insoumission. Propager la poĂ©sie c’est contester l’assimilation du populaire au vulgaire que l’évolution sĂ©mantique de ce dernier terme Ă  travers les siĂšcles Ă©nonce. Rendre la poĂ©sie populaire, la plus distinguĂ©e poĂ©sie, c’est venger le peuple de la vulgaritĂ© Ă  quoi on le rĂ©duit, par le partage de la distinction. Jean-Pierre SimĂ©on, La poĂ©sie sauvera le monde, Le Passeur Éditeur, 2015, Lecturede Lettres sur la poĂ©sie de W. B. Yeats; Sommaire du n° 33, juin 2018. Contemporain : Pierre LepĂšre; Pierre LepĂšre, Si nous allions fermer la porte; Pierre LepĂšre, Il me semble avoir toujours Ă©tĂ©; Pierre LepĂšre, J’ai toujours haĂŻ; DĂ©couverte : Catherine Smits, deux poĂšmes; InvitĂ© : Jean LavouĂ©, S’en aller, s’en aller Ainsi, il paraĂźt pertinent d’interroger les passerelles qui conduisent d’une Ɠuvre Ă  une autre. Le poĂšme de Jean-Pierre SimĂ©on La DiffĂ©rence in Jean-Pierre SimĂ©on, La Nuit respire, Le Chambon-sur-Lignon, Éditions Cheyne, 1997 est Ă  placer en Ă©cho Ă  ce court mĂ©trage et doit permettre aux Ă©lĂšves de s’emparer des mots du poĂšte, car derriĂšre ce poĂšme, il y a toute la question de l’ĂȘtre » qui suis-je ? OĂč suis-je ? OĂč vais-je ? Et qu’est-ce que le monde en moi, hors de moi ? Qu’est-ce que l’autre, que suis-je par rapport Ă  l’autre ? Il y a lĂ  les questions fondatrices, universelles de la DiffĂ©renceLa DiffĂ©rencePour chacun une bouche deux yeuxDeux mains deux jambesRien ne ressemble plus Ă  un hommequ’un autre hommeAlorsentre la bouche qui blesseet la bouche qui consoleentre les yeux qui condamnentet les yeux qui Ă©clairententre les mains qui donnentet les mains qui dĂ©pouillententre le pas sans traceet les pas qui nous guidentOĂč est la diffĂ©rencela mystĂ©rieuse diffĂ©rence ?La diction de l’enseignant doit ĂȘtre la plus neutre possible pour autoriser des lectures multiples et conserver la libertĂ© d’interprĂ©tation de l’élĂšve. La poĂ©sie est livrĂ©e plusieurs fois, puis, pour mĂ©moriser, les Ă©lĂšves peuvent dire des mots, des expressions, des vers prĂ©sents dans la poĂ©sie, la dire en Ă©cho, rĂ©pĂ©ter chacun des vers, une strophe entiĂšre, mentalement ou Ă  haute voix. Ils peuvent Ă©galement varier le ton, le dĂ©bit, la hauteur de voix, l’apprendre en questions-rĂ©ponses, en relais
 L’enseignant pourra alors interroger les Ă©lĂšves sur ce qui est commun entre le court mĂ©trage et le poĂšme. Le poĂšme de Jean-Pierre SimĂ©on mĂšnera indiscutablement les Ă©lĂšves vers cet autre qui est finalement le mĂȘme, vers les autres.
Pourle stage "Poésie en bibliothÚque", nous avons eu le privilÚge de rencontrer le poÚte Jean-Pierre Siméon qui nous a fait découvrir la Poésie et le monde poétique.
1. ComposĂ©e en Didot corps 12, cette Ă©dition de [ici le titre] a Ă©tĂ© tirĂ©e Ă  deux mille exemplaires pour l’automne [ici le millĂ©sime] sur les presses de Cheyne Ă©diteur, au Chambon-sur-Lignon, Haute-Loire.» L’inscription figure sur la derniĂšre page des livres de la prestigieuse collection verte deux nouveautĂ©s publiĂ©es par an. Les ouvrages sont consultables et caressables dans la librairie l’Arbre vagabond, QG du festival Lectures sous l’arbre organisĂ© par Cheyne. Papier vergĂ©, jaquettes Ă©lĂ©gantes et finement grenues, et le poinçon du plomb sur les pages cousues. Ce mĂȘme plomb qui, pieusement mĂȘlĂ© Ă  de l’antimoine, servit Ă  Gutenberg Ă  imprimer la premiĂšre Ă©dition latine de la Bible 1453. Un bel Ă©crin, les livres de Cheyne, mais pour quel trĂ©sor? Pour quelle parole sacrĂ©e?La suite aprĂšs la publicitĂ© Les Ă©crivains sur scĂšne un truc de beau gosse ? 2. Dans son Panorama de la poĂ©sie française aujourd’hui», Ă©voquĂ© dans une prĂ©cĂ©dente tribune, Jean-Michel Espitallier s’en prend Ă  ceux pour qui la poĂ©sie serait d'abord affaire de profondeurs, parole oraculaire 
 forant dans l'Ă©paisseur encrĂ©e de l’ineffable.» 3. D’oĂč parle Jean-Michel Espitallier? D’une esthĂ©tique joueuse et expĂ©rimentale, ennemie du lyrisme forcĂ©ment boursouflĂ©, adepte de la parodie et du dĂ©tournement – certaine avec ValĂ©ry que le plus profond, c’est la peau». Et d’une nĂ©buleuse de pouvoir Ă©ditorial qui rassemble les Ă©diteurs Al Dante et et le cipM Centre international de poĂ©sie de Marseille. A travers notamment la publication de l’anthologie PiĂšces dĂ©tachĂ©es» du mĂȘme Espitallier, en 2011 chez Pocket, et de celle d’Yves di Manno et Isabelle Garron dite anthologie Flammarion» en 2017 choix beaucoup plus vastes, mais affinitĂ©s Ă©lectives avec la premiĂšre, cette nĂ©buleuse a encore renforcĂ© sa visibilitĂ©, bien supĂ©rieure Ă  son poids rĂ©el. Dix pour cent de la poĂ©sie en France», tranche Jean-Pierre SimĂ©on, lyrique pas bĂ©gueule, fondateur du Printemps des poĂštes et membre du comitĂ© Ă©ditorial de Cheyne. "La poĂ©sie sauvera le monde" et puis quoi encore?La suite aprĂšs la publicitĂ© 4. Espitallier la poĂ©sie ennemie ne peut se concevoir qu'en Ă©troite association avec de beaux livres artisanaux. 
 Du coup, [elle] a fini par ĂȘtre parfois associĂ©e Ă  un artisanat sympathique, comme la boulangerie d'art et les tourneurs sur bois. Belle ouvrage et artisan-poĂšte, vaguement libertaire avec collĂ© aux basques un peu de cette terre "qui ne ment pas".» Fichtre. 5. Cheyne n’est pas un Ă©diteur de la ruralitĂ©, s’agace Jean-François Manier, son fondateur. Ce qui nous caractĂ©rise, c’est notre indĂ©pendance. Nous lisons, nous fabriquons, nous diffusons, nous distribuons. Nous avons une complĂšte indĂ©pendance Ă©conomique, Ă  la diffĂ©rence de L’Olivier Le Seuil et de [capital dĂ©tenu Ă  88% par Gallimard, NDLR].» 6. Oui, mais tout de mĂȘme. FlorilĂšge de titres du catalogue du Cheyne Venant le jour», MalgrĂ© la neige», l’Epine et sa mĂ©sange», Une femme de ferme», le Bois de hĂȘtres», MĂ©tairie des broussailles», le Livre des poules». FlorilĂšge Al Dante la PoĂ©sie motlĂ©culaire», Gang blues ecchymoses», Meurtre artistique munitions action explosion», FrĂšres numains discours aux classes intermĂ©diaires», Lecture de 5 faits d’actualitĂ© par un septuagĂ©naire bien sonné». Ce n’est pas tout Ă  fait le mĂȘme son de cloche ou de balle dum-dum. 7. Je ne sais pas trop ce que je fais ici, s’amuse la romanciĂšre Marie-HĂ©lĂšne Lafon, invitĂ©e du festival. Mais oui, sans doute, il existe une littĂ©rature des pays et des paysages dans laquelle je m’inscris, comme Pierre Michon, Pierre Bergounioux ou Mario Rigoni.»La suite aprĂšs la publicitĂ© Haute PoĂ©sie Bisounours et autres curiositĂ©s 8. De Cheyne on connaĂźt l’histoire, ressassĂ©e d’article en article la dĂ©couverte en 1977, par Jean-François Manier et sa compagne d’alors, d’une ancienne Ă©cole isolĂ©e sortant de la brume cf. JosĂ© Arcadio BuendĂ­a fondant Macondo, au sortir d’un rĂȘve, au dĂ©but de Cent ans de solitude», l’apprentissage de la typographie au plomb, le lancement en 1980, sans un sou, de la maison d’édition, le pari en 1992 d’un festival sur la base d’un concept porteur mettons un poĂšte sous un arbre
 L’histoire tend Ă  devenir story-telling et dĂ©tourner de l’essentiel les livres publiĂ©s. 9. Le haut pays» de Jacques Vandenschrink est celui des vents intransigeants» et du merle goulu», des martinets cisaillant le crĂ©puscule» et des mĂ©sanges saoulĂ©es de se dĂ©crocher en plein vol dans chaque merisier». Chez Julie Delaloye, on vit Ă  la lisiĂšre des brumes», on entend le chant portĂ© par la vigne», on sent la fraĂźcheur fidĂšle de l’herbe», on voit la paupiĂšre rompue du chamois». Chez Jean-Yves Masson, souvenir des vols d’abeilles», odeur des blĂ©s parfaits», cerf au regard vĂ©hĂ©ment». Ce n’est qu’un Ă©chantillon, mais s’il n’y a pas lĂ  une lignĂ©e d'hĂ©ritiers de Char et de Jaccottet paysage mĂ©diterranĂ©en – plus ou moins pentu – et mĂ©taphores en rafale
La suite aprĂšs la publicitĂ© Philippe Jaccottet, le trĂšs haut 10. Crypto-pĂ©tainiste, la poĂ©sie des champs, comme l’insinue taquinement Jean-Michel Espitallier? A la salle des Arts de Saint-AgrĂšve, pas trĂšs loin du Chambon-sur-Lignon, village collectivement Ă©levĂ© au rang de Juste par le mĂ©morial de Yad-Vashem, Denis Lavant a lu rauque, athlĂ©tique deux trĂšs courts textes de rĂ©sistance publiĂ©s par Cheyne. Matin brun » de Franck Pavloff 1998 est une fable grinçante et drĂŽle sur l'ascension de l'extrĂȘme-droite en France deux millions d'exemplaires vendus, grĂące Ă  une sorte d'effet Hessel – Indignez-vous» – avant la lettre. Traverser l’autoroute», de Maxime Fleury 2017, c’est un enfant devant une glissiĂšre d’autoroute, un flot de voitures, et de l’autre cĂŽtĂ©, peut-ĂȘtre, son pĂšre, avec qui il essaye de communiquer en langue des signes. C’est le gamin qui raconte, il parle un peu comme le Momo de Romain Gary dans la Vie devant soi» – le genre tĂŽt grandi. Au milieu des bidons, des palettes et des parpaings, dans son campement sans eau potable, il se sent comme ces gouttes de pluie sans destin C’est comme nous, on vient de loin et on s’écrase au bord de l’autoroute.» Sur scĂšne, Edwy Plenel l’Edwy Plenel Mediapart est partenaire du festival ponctue, prolonge. Parle des rĂ©fugiĂ©s Quand quelqu’un coule, on le sauve.», cite PĂ©guy Il y a quelque chose de pire que d'avoir une Ăąme mĂȘme perverse. C'est d'avoir une Ăąme habituĂ©e.». Se moque de lui-mĂȘme Encore un prĂȘche du pĂšre Plenel!»La suite aprĂšs la publicitĂ© "Si PĂ©guy me proposait un article pour Mediapart
" entretien avec Edwy Plenel 11. La soirĂ©e Neruda plombe un peu. Passons sur les juvĂ©niles poĂšmes d’amour, dont la traduction rĂ©clamerait une langue semblable cristalline et facile Ă  celle de cet autre poĂšte Ă©lu des draps», Paul Éluard. Reste le Neruda politique, dessillĂ© par la guerre d’Espagne, guĂ©ri de ses dĂ©rives gidiennes et rilkiennes», torrentiel et gĂ©nial sans doute, mais stalinien sinon de cƓur, du moins de style. Tu m’as fait l’adversaire du mĂ©chant, tu m’as fait mur contre le frĂ©nĂ©tique 
/Tu m’as rendu indestructible car grĂące Ă  toi je ne finis plus avec moi.» A mon parti» 12. La figure du poĂšte-phare fait rire aujourd’hui petits et grands. Mais sans doute faut-il prendre en compte les contextes historiques et locaux. J’ai grandi dans une culture oĂč les politiques sont des poĂštes, oĂč l’art oratoire est un art poĂ©tique, se souvient Edwy Plenel, qui a vĂ©cu Ă  la Martinique jusqu’à l’ñge de 10 ans. La poĂ©sie de CĂ©saire, qui semble hermĂ©tique, complexe, est trĂšs concrĂšte. Le matin il recevait Ă  la mairie, Ă  midi il partait avec son chauffeur et faisait le tour de l’üle. Sa poĂ©sie est en partie nourrie de ces promenades.» 13. Nos Ă©lites hexagonales issues de l’X ou de ENA, poursuit Plenel, regardent ça avec dĂ©dain, comme si ce n’était qu’un supplĂ©ment d’ñme, une distraction. Leur monde est dĂ©pourvu d’imaginaire.» Il est temps de changer de sĂ©rieux», dit d’une autre façon Jean-Pierre-SimĂ©on dans son essai la PoĂ©sie changera le monde», qui invite Ă  dresser dans l’espace public la barricade du poĂšme». Hmmmm. Dans son blog, l’écrivain Pierre Jourde se moque de cette doxa indĂ©finiment rĂ©pĂ©tĂ©e depuis deux siĂšcles, avec ses synonymes interchangeables, rĂ©bellion, insurrection, insoumission, qui trouve son apogĂ©e grotesque dans "l’Éloge des voleurs de feu" de Dominique de Villepin, le fameux marginal».La suite aprĂšs la publicitĂ© L'insurrection institutionnelle, par Pierre Jourde 14. Dans son essai cependant, SimĂ©on parle d’autre chose. D’une langue appauvrie par ses usages mĂ©diatiques et technocratiques, et d’un imaginaire devenu territoire occupĂ© et soumis». J’en ai Ă©tĂ© tĂ©moin tant de fois la plupart de ceux qui 
 entendent un poĂšme Ă  eux offerts Ă  l’improviste, remercient. J’ai eu le sentiment parfois qu’ils y retrouvaient une dignitĂ© et comme une fiertĂ© pour eux-mĂȘmes.» Denis Lavant J’ai fait cinq lectures en Russie, entre Ekaterinburg et Rostov, devant un public qui considĂ©rait que la poĂ©sie avait une grande importance. En Colombie aussi, la poĂ©sie est dans la vie.» 15. Revenons au catalogue du Cheyne, qu’il serait injuste de rĂ©duire Ă  quelques Ă©pigones d’une poĂ©sie altiĂšre qui fait sa mystĂ©rieuse. Je m’accroche Ă  la nuit, qu’est-ce que ça veut dire?» Ito Naga est perplexe. La mĂ©taphore, ça n’est pas son truc. Lui est astrophysicien, il a d’autres motifs d’étonnement. On ne pense pas [que la lune] peut trembler au moment oĂč on la regarde. Il y a des tremblements de lune comme il y a des tremblements de terre.» Mais l’astrophysique, dit-il, ça n’est pas ça qui permet d’ĂȘtre au monde. Il a placĂ© en en-tĂȘte de son livre NGC 224» une citation de Rilke Être ici est une splendeur.» Par exemple Ă  cet instant prĂ©cis "Ah ! Tu es comme ça, toi ?", s’est Ă©tonnĂ©e cette enfant quand je suis ressorti de l’eau aprĂšs un plongeon dans la piscine.» Ses petits vertiges», Ito Naga haut gentleman Ă  l’Ɠil bleu perchĂ© les doit aussi Ă  sa longue frĂ©quentation du Japon. Pour faire des raviolis, on dit en japonais qu’il faut pĂ©trir la pĂąte jusqu’à ce qu’elle ait la consistance des lobes d’oreille mimi tabu. La poĂ©sie serait-elle simplement le goĂ»t des choses?» Glissements, rebondissement, dĂ©rivations avec un art consommĂ© du montage, l’auteur coud ses fragments – bouts philosophiques, boutures de sensations, pĂ©pites philologiques, demi-blagues
 Ses quatre livres sont Ă©galement suite aprĂšs la publicitĂ© Le long cri d'AimĂ© CĂ©saire n'a pas fini de rĂ©sonner 16. La mĂ©taphore, Jean-Claude Dubois ne l’aime guĂšre non plus. Il revient de loin, du lyrisme Ă©bouriffĂ© du surrĂ©alisme. Et puis il a rencontrĂ© Guillevic des textes trĂšs courts, des distiques souvent, de 8 Ă  10 syllabes, sans images, sans clinquant, sans scintillement.» Rencontre avec une forme, mais aussi avec un alter ego solitaire, qui, enfant, communiquait avec un bol, une bouteille, une table, n’avait pas mĂȘme un animal, a perçu la vie dans les pierres.» Son livre Le Canal» raconte une transaction secrĂšte» la plus belle dĂ©finition de la poĂ©sie, elle est de Jaccottet» entre un enfant et un canal. J’avais dix ou douze ans. Mon compagnon de jeu Ă©tait un canal Ă  grand gabarit. 
 J’écoutais le canal rendre la justice./ Quand il avait fini,/je rentrais chez moi./Il retournait dans son verre d’eau.» Dans le canal il y a des aĂŻeux, une femme d’octobre mais on ne sait plus de quel jour 
 qui pose son village sur la table de nuit et s’endort.» Et puis ce canal fait de vinaigre/et d’ennuis», couleur de noyade» Cioran en exergue, il faut le quitter, s’en dĂ©pĂȘtrer comme Ă  regret, peut-ĂȘtre pour grandir. Le Canal» est tissĂ© d’un charme douceĂątre et brumeux, d’épiphanies discrĂštes, de dĂ©solations retenues. On songe parfois Ă  un Christian Bobin sans Dieu. C’est dire si la voix de Jean-Claude Dubois est suite aprĂšs la publicitĂ© Les bons sentiments de Christian Bobin font-ils de la bonne littĂ©rature? 17. Robert et JosĂ©phine », de Christiane Veschambre, est un autre livre fondĂ© sur le montage, qui Ă©voque par sĂ©quences l’histoire des parents de l’auteure JosĂ©phine arrive Ă  la Jeune France», trouve une famille», va chercher son mari Ă  la sortie de l’usine», repasse», n’a plus d’argent»  CinĂ©ma trouĂ© de l’expĂ©rience intĂ©rieure», de l’émotion mĂ©ditĂ©e» Bataille. Mais la langue est Ă  l’opposĂ© de l’écriture behavioriste du commun des scĂ©narios. Il s’agit, pour l’écrivain, de faire taire en soi la belle langue» 
 pour qu’aprĂšs le silence puisse surgir la langue des soubassements» selon GĂ©rard Noiret sur l’excellent site En attendant Nadeau. Une basse langue», des mots pauvres» titres de deux autres recueils de Veschambre Quand JosĂ©phine/est apparue//sur terre/personne//ne s’en est aperçu.» Chercher une basse langue pour camper les gens de peu» le sociologue Pierre Sansot, c’est en somme le contraire du projet d’un Pierre Michon. Christiane Veschambre se place du cĂŽtĂ© des microgrammes» de Robert Walser, d’Erri de Luca, d’Emily Dickinson. Les mains de JosĂ©phine/au-dessus du drap repliĂ©/qui protĂšge la table/et borde la page/que l’enfant tourne». Un critique ne devrait pas dire ça tout le livre est trĂšs suite aprĂšs la publicitĂ© Que s'est-il passĂ© dans la poĂ©sie française depuis un demi-siĂšcle ? 18. Pas de tendance fracassante, de trending poetic; pas de post-liturgistes, pas de supra-spleenĂ©tiques; la poĂ©sie est devenue bien ennuyeuse. Ah si, tout de mĂȘme le recueil» est Ă  la baisse, le livre» Ă  la hausse. Ce n’est sans doute pas juste une coquetterie de dĂ©nomination. Jean-Claude Dubois par exemple, au cours d’une causerie sur Guillevic, insistait sur la nĂ©cessitĂ© de travailler un thĂšme jusqu’au cƓur». Ito Naga et Christiane Veschambre ne diraient pas autre chose. Ce qui se joue? L’effacement relatif du livre de poĂ©sie pensĂ© comme un florilĂšge de flĂšches, d’épiphanies – loin des moments nuls» de la vie que Breton jugeait indigne de cristalliser». JB Corteggianiauteur et rĂ©alisateur
cYKYE.